Schématiquement, les corticoïdes permettent de lutter contre les allergies, les inflammations et certaines maladies immunitaires. Utilisés sur des périodes courtes en cas d’allergie ou de réactions inflammatoires sévères (œdèmes de Quincke, œdèmes laryngés, surdité brusque, œdème cérébral…), ils sont prescrits à plus long terme chez les sujets âgés, pour soulager des maladies chroniques neurologiques, dermatologiques, endocriniennes, mais surtout respiratoires (asthme grave, fibrose pulmonaire…) et rhumatologiques (polyarthrite rhumatoïde).

Or, une utilisation au long cours devient carrément dangereuse en cas d’hypertension artérielle, de diabète, d’ostéoporose avérée, d’infection, d’antécédents d’ulcères gastriques ou de troubles psychiatriques.

Une étude récente menée par une équipe de chercheurs suédois a montré que sur 191 patients traités par des corticoïdes au moins trois mois par an, 128, soit 67 %, ont présenté des complications. Cette étude a démontré qu’à partir de dix jours de traitement à forte dose, les corticoïdes perturbent, entre autres, les taux de sel (rétention hydrosodée à l’origine d’œdèmes), de sucre (déclenchant ou déséquilibrant un diabète), favorisent l’ostéoporose, la fonte musculaire et la fragilité cutanée. Ils peuvent aussi réveiller des infections, des troubles psychiques (insomnie, confusion, agitation). On peut encore ajouter les risques d’hémorragie digestive haute (ulcères duodénaux).

Ne jamais prendre un corticoïde seul pendant plus de dix jours. Toujours lui associer un régime alimentaire riche en protéines et en calcium, pauvre en lipides, glucides et surtout en sel ; une supplémentation en potassium, vitamine D et calcium, pour renforcer les os ; et des antiacides en cas de fragilité gastrique.