Son efficacité contre les bleus, les épanchements sanguins et les œdèmes est admise depuis longtemps mais, et c’est là que réside la nouveauté, des études récentes ont prouvé que l’arnica est souveraine contre les troubles musculaires et articulaires, l’inflammation de la cavité orale et de la gorge, les piqûres d’insectes et la phlébite superficielle.

C’est le tabac des Savoyards, l’herbe aux chutes, le quinquina des pauvres, l’herbe à éternuer. L’arnica est assez répandue sous nos climats. Elle fleurit en abondance dans les pâturages des Alpes, des Pyrénées et des Vosges. Baptisée Arnica montana ou encore Arnica chamissonis, l’arnica est une plante vivace de la famille des composées ou astéracées.

Ce sont les sommités fleuries qui concentrent les vertus médicinales de cette plante originaire des régions montagneuses de l’Europe et du sud de la Russie mais aussi de l’ouest de l’Amérique du nord, de l’Alaska au nord du Mexique, où l’on en compte trois espèces : l’Arnica fulgens, l’Arnica sororia et l’Arnica cordifolia. En Europe, la plante jouit d’une bonne popularité, notamment en Allemagne, où de très nombreux produits à base d’arnica sont proposés dans le commerce (teintures, onguents et granules homéopathiques). Cet engouement a d’ailleurs mis en péril l’espèce Arnica montana au point que les autorités d’outre-Rhin en ont réglementé l’exploitation. On y cultive désormais une autre espèce, l’Arnica chamissonis, à laquelle la pharmacopée allemande attribue les mêmes propriétés.

arnica_montana.gif

Ulcères aphteux et gingivites

Récemment plusieurs études sont venues confirmer l’usage médicinal traditionnel de l’arnica. Par voie externe, l’arnica est aujourd’hui indiquée pour traiter les hématomes, les ecchymoses, les œdèmes, les entorses, les dislocations, les contusions, les inflammations musculaires et articulaires (rhumatismales), l’inflammation de la cavité orale et de la gorge, la gingivite et les ulcères aphteux.
Les scientifiques reconnaissent également son efficacité pour le traitement par voie externe des furoncles, des piqûres d’insectes, de la phlébite superficielle et des douleurs articulaires et musculaires.

Ainsi, les résultats d’un essai à double insu avec placebo mené auprès de quatre vingt-neuf sujets souffrant d’insuffisance veineuse indiquent que le gel d’arnica peut augmenter le tonus veineux, diminuer les œdèmes et soulager la sensation de lourdeur dans les jambes.

Au cours d’un essai sans placebo mené auprès de soixante dix-neuf sujets souffrant d’une légère arthrose du genou, les participants ont rapporté un soulagement de la douleur à la suite d’applications topiques d’un gel d’arnica.
Dans un essai à double insu mené auprès de trente-sept sujets soumis à une chirurgie endoscopique pour le traitement du syndrome du canal carpien, on a traité les patients soit en combinant de l’arnica homéopathique par voie orale à du gel d’arnica en application topique, soit en administrant un placebo. Les patients traités avec l’arnica ont rapporté une diminution significative de la douleur post-opératoire par rapport à ceux du groupe placebo. Ce qui démontre l’effet anti-inflammatoire de l’arnica.

Mise en garde

Bien que dans le passé la plante ait fait l’objet d’usages internes, notamment en infusion pour le traitement de troubles cardiaques et respiratoires et pour soulager diarrhées et dysenteries, on la considère aujourd’hui comme toxique et on ne la conseille qu’en application externe, à l’exception de produits homéopathiques pour usage interne.

Arnica montana, mode d’emploi

Hématomes, entorses, piqûres d’insectes, douleurs articulaires

• Infusion pour compresses : infuser cinq à dix minutes, 2 g de fleurs séchées dans 100 ml d’eau bouillante.
Appliquer, plusieurs fois par jour, une compresse imbibée.

• Onguent : 25 % de teinture ou 15 % d’huile d’arnica dans une crème neutre. Appliquer, plusieurs fois par jour. Ne pas appliquer sur les plaies ouvertes.

• Huile d’arnica : une partie de plante pour cinq parties d’huile végétale. Masser plusieurs fois par jour.

Inflammation de la gorge et de la cavité orale

• Diluer la teinture dans dix parties d’eau. Utiliser cette solution comme rince-bouche ou gargarisme plusieurs fois par jour. Ne pas avaler.

Amel Bouvyer