Le pissenlit doit son appellation à ses propriétés diurétiques (”pisse-en-lit”). C’est son amertume qui le rend efficace pour le bon fonctionnement du foie et de la vésicule biliaire et lui confère une action dépurative.

Dans les temps reculés, le suc de pissenlit était considéré comme un remède spécifique des troubles de la vue. Frédéric le Grand de Prusse en a longtemps consommé pour soulager une hydropisie persistante. Louis XIV en a fait sa tisane royale. Le pissenlit était couramment utilisé en cures par les grandes dames désireuses de conserver leur blancheur immaculée ou de s’éclaircir le teint. Au siècle passé, on utilisait les racines de pissenlit, mélangées à de la chicorée, pour obtenir un succédané de café. Jusque dans les années quarante, les jeunes filles de « bonne famille » étaient mises à contribution pour la récolte des fleurs de pissenlit avec lesquelles on faisait un vin médicinal qu’on offrait aux religieuses de l’« asile » pour le soin des malades. Ce vin était réputé remontant, tonique et à peu près bon pour tout.

Vertus thérapeutiques

Le pissenlit constitue une source intéressante de vitamines, minéraux et oligo-éléments. Le pissenlit fait partie des légumes feuilles les plus riches en provitamine A (8,4 mg aux 100 g) - utile pour lutter contre les radicaux libres, facteurs de vieillissement cellulaire prématuré, ainsi que pour la prévention vis-à-vis des pathologies de dégénérescence cardio-vasculaire et tumorale. Il est également bien pourvu en calcium (165 mg aux 100 g), en magnésium - bénéfique pour le bon équilibre neuro-musculaire - (36 mg) et en fer (3,1 mg). Sa teneur en vitamine C, anti-oxydant puissant, est élevée (35 mg aux 100 g) et il renferme de nombreuses vitamines du groupe B en quantités appréciables particulièrement la vitamine B1, la vitamine B6 et la vitamine B9 utile pour la résistance aux infections et la lutte contre l’anémie.
Le pissenlit favorise aussi les fonctions d’élimination. Ses propriétés diurétiques sont liées à la fois à sa richesse en eau et à un rapport potassium/sodium particulièrement élevé. Grâce à ses fibres abondantes (3,5%), il aide à lutter contre la paresse intestinale, et ceci d’autant plus efficacement qu’il est consommé cru.

Mode d’utilisation

Les préparations à base de pissenlit peuvent renfermer des feuilles, des racines ou un mélange des deux. Si vous recherchez un effet diurétique, utilisez plutôt les feuilles, tandis que pour traiter le foie et stimuler la circulation de la bile, privilégiez la racine. Tant les feuilles que les racines stimulent l’appétit et soulagent les troubles digestifs mineurs.

  • Feuilles : en infusion, 3 fois par jour (4 à 10 g de feuilles séchées dans 150 ml d’eau bouillante durant 5 à 10 mn). On peut aussi prendre, 2 fois par jour, de 5 à 10 ml du jus extrait des feuilles fraîches ou de 5 ml à 10 ml de teinture mère trois fois par jour.
  • Racine : de 3 g à 5 g de racine séchée, trois fois par jour, en décoction (faire bouillir doucement de 3 à 5 g pendant 5 à 10 minutes dans une tasse d’eau). Ou 5 à 10 ml de  teinture mère trois fois par jour.
  • Plante entière : 3 fois par jour, une infusion préparée avec une cuillère à soupe de poudre de la plante entière, séchée, dans une tasse d’eau bouillante (infuser de 5 à 10 min), ou une décoction de 3 à 4 g par tasse d’eau (laisser frémir durant 5 à 10 mn). Ou prendre de 10 à 15 gouttes de teinture-mère.
  • Extrait solide en poudre : de 250  à 500 mg par jour.

Pour en savoir plus :
Le pissenlit, l’or du pré ! de Bernard Bertrand
Éditions de Terran (05 61 88 81 08), 118 p., 11 euros.