Selon l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur, l’air que nous respirons à la maison est saturé de substances polluantes comme :

  • le monoxyde de carbone (chauffages, appareils de cuisson),
  • les fibres minérales artificielles (laine de verre ou de roche),
  • les composés organiques volatils (carburants, laques, peintures, vernis, savons, cosmétiques, encres, fongicides, herbicides, traitement du bois, calfatage siliconé, White-spirit, colles pour sol, cires, vernis à bois, moquettes, nettoyants sols et tapis),
  • les formaldéhydes (émissions des livres et magazines neufs, mousses isolantes, laques, colles, vernis, encres, résines, papier, produits ménagers, pesticides, bois agglomérés et contreplaqués, certains médicaments, cosmétiques et textiles),
  • les oxydes d’azote (appareils fonctionnant au gaz et dans une moindre mesure, les poêles à bois ou à essence et la fumée de cigarette).

Voilà que l’on pointe maintenant du doigt un « nouveau » polluant intérieur : le désodorisant.
Les tests publiés la semaine dernière par l’Union fédérale des consommateurs - Que Choisir sont formels : les désodorisants et parfums d’ambiance, sous couvert de « tuer les mauvaises odeurs» , nous empoisonnent à petit feu en relâchant dans l’air des produits toxiques et allergisants. Les trente-cinq produits testés par l’association (aérosols, vaporisateurs, gels, diffuseurs, bougies parfumées et encens) ont été classés comme toxiques car ils émettent des molécules dangereuses ou allergisantes.

Même mise en garde pour les adeptes du naturel : brûler de l’encens, c’est comme respirer près d’un pot d’échappement. Quant à la paraffine des bougies, il s’agit d’un sous-produit du pétrole qui émet des polluants pendant la combustion.

Et même le Papier d’Arménie, qui se targue d’être le « plus ancien assainissant naturel » dégage lui aussi du formaldéhyde depuis peu classé cancérigène et du benzène, un hydrocarbure cancérigène .

L’UFC – Que Choisir demande instamment au ministère de la Santé que cinq produits (cône bleu « Iba sanaga épices marines », diffuseur Air Wick Décosphère vanille et orchidée, bâton d’encens Bleu d’évasion Monoprix, lampe Berger Orange et bâton d’encens fleur de vanille Ushuaia) qui relâchent des niveaux particulièrement élevés de benzène et de formaldéhyde soient « interdits dans les lieux publics » et étiquetés « peut provoquer le cancer » ou « peut provoquer des allergies ».

Alors que la pollution extérieure semble enfin avoir été prise en compte par les pouvoirs public (Jean-Pierre Raffarin n’a-t-il pas annoncé récemment un Plan national santé environnement qui prévoit notamment l’amélioration de la qualité de l’air, ainsi que la prévention des pathologies d’origine environnementale), il n’existe à ce jour aucune réglementation pour ce qui concerne les émissions de polluants de l’air intérieur.

Aujourd’hui, 80 000 à 100 000 molécules à usage domestique ne bénéficient pas d’une évaluation sanitaire suffisante. Et 5 000 d’entre-elles n’ont jamais fait l’objet d’études de toxicité…

Il existe pourtant une solution très simple et très naturelle : plutôt que de chercher à masquer les mauvaises odeurs en ajoutant à la pollution de l’air, ouvrons grand nos fenêtres dix à quinze minutes par jour… Un appartement parisien aéré quotidiennement est moins pollué qu’une maison calfeutrée au coeur du Limousin.