Les substances utilisées dans les produits de soins et présentant des risques sont strictement interdites sur le marché. Bien sûr, pour chaque produit, les industriels de la beauté doivent passer sous les fourches caudines de la Colipa, l’Office central européen de la toxicologie. Mais dans les faits, le législateur ne donne pas suffisamment suite à ses bonnes intentions. Et surtout, il autorise certaines substances, sans être totalement convaincu de leur innocuité.

Ainsi, on continue d’utiliser les composés musqués malgré les sérieux doutes les concernant (ils se fixent sur la peau et seraient cancérigènes). Même constat pour les colorants (tous toxiques et susceptibles d’être absorbés par la peau) pour lesquels les premières substances incriminées sont les amines aromatiques soupçonnées d’être cancérigènes et fortement allergènes.

Par ailleurs, l’obligation de déclarer la composition est des plus floues puisque la terminologie INCI (international nomenclature of cosmetic ingredients) ne permet pas d’identifier aisément les substances pour les cosmétiques naturels et n’indique que les noms des ingrédients de départ.

Résultat : on ne peut pas savoir si les substances citées sont présentes sous forme d’extraits huileux, aqueux, de poudre de plante, ni même quelle partie de la plante a servi de base pour l’extrait. Une omission des plus regrettables quand on sait que les agents actifs provenant des feuilles, des fleurs, des racines ou encore de l’écorce sont souvent très différents.

Et pour finir de noircir le tableau, sachez qu’il existe pour les fabricants un moyen assez répandu d’échapper à la transparence qui consiste à faire une demande de confidentialité sous couvert de protéger les brevets. Les autorités leur attribuent alors un code secret. On voit ainsi se profiler une nouvelle race de produits dont une partie de la composition se cache sous un numéro…