Curcuma et Alzheimer : l’exception indienne
Traditionnellement recommandé contre les lourdeurs digestives, les problèmes de peau et divers troubles
inflammatoires, le curcuma possède — on le découvre à peine — de puissantes propriétés thérapeutiques. La recherche contre le cancer et la recherche contre la maladie d’Alzheimer s’y intéressent aujourd’hui de très près.
Le « safran du pauvre » pourrait bien devenir l’un des grands médicaments du XXIe siècle. Selon une équipe de chercheurs américains, le curcuma est en effet le traitement le plus efficace jamais testé contre l’Alzheimer. Une découverte corroborée par la faible présence de la maladie en Inde.
Dédaigné par les fins gourmets, le curcuma pourrait bien être une épice beaucoup plus précieuse que le safran. Une série d’expériences (in vitro et in vivo) conduites à l’université de Californie vient en effet de mettre en évidence une double activité protectrice et thérapeutique du curcuma sur le cerveau : il détruit les plaques de protéines responsables de la dégénérescence de certaines cellules cérébrales dans la maladie d’Alzheimer, tout en prévenant leur formation.
Les Indiens protégés par le curcuma
Alors que les scientifiques cherchent à élaborer depuis des années un vaccin ou un médicament susceptible d’inhiber voire de prévenir la formation de ces plaques, la découverte suscite l’enthousiasme des chercheurs. « Le curcuma est plus efficace que tous les traitements jamais testés, affirme le neurologue américain Gregory Cole, l’un des auteurs de l’étude. Il pourrait être employé à la fois en prévention et en traitement de la maladie. »
En Inde, où le curcuma est très largement utilisé comme ingrédient gustatif, colorant et conservateur, le nombre de malades d’Alzheimer est l’un des plus bas au monde. En croissance exponentielle, le pays le plus peuplé de la planète (1 080 264 388 d’habitants ! soit plus d’1/6e) est pourtant aujourd’hui ravagé par la concentration urbaine, la pollution et la malnutrition. Autant dire que rien dans les habitudes alimentaires ou culturelles locales ne saurait expliquer cette « exception indienne »… si ce n’est l’emploi massif du curcuma.
Ignoré des tradipraticiens
Initialement, c’est parce qu’ils étaient intrigués par la faible incidence de cancer du côlon dans les pays asiatiques que les chercheurs se sont penchés de plus près sur cette épice. Ils vont, depuis, de découverte en découverte. Traditionnellement utilisé contre certains troubles inflammatoires et intestinaux, le curcuma n’a pourtant jamais été considéré comme un remède digne d’un réel intérêt en Asie. Que ce soit en Inde, en Chine ou à la Réunion, la pharmacopée l’avait cantonné au traitement des petits bobos : mal de dent, toux, irritations cutanées, mauvaise digestion…
Or, si son efficacité dans le traitement de la digestion difficile est aujourd’hui reconnue par l’OMS, c’est la moindre de ses vertus thérapeutiques. Les chercheurs ont isolé dans le rhizome « curcuminoïde », de puissantes propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoires. Ils ont découvert que la curcumine inhibe notamment la production de cytokines, les molécules qui déclenchent les processus inflammatoires au niveau cellulaire. Cette capacité pourrait conférer indirectement à l’épice une activité anticancéreuse.
Une action anticancéreuse
Une chose est certaine : l’incidence du cancer du côlon est moins élevée dans les pays asiatiques consommateurs de curcuma. Une particularité qui a suscité des dizaines d’essais cliniques, lesquels ont tous conclu à la réalité de l’action anticancéreuse de l’épice, sans réussir pour autant à en identifier précisément le mécanisme. Une équipe de l’université du Texas, qui a étudié les effets du curcuma sur le cancer de la peau, a peut-être élucidé le mystère : selon elle, le curcuma possède la double faculté d’inhiber la croissance et de précipiter la mort des cellules cancéreuses.

inflammatoires, le curcuma possède — on le découvre à peine — de puissantes propriétés thérapeutiques. La recherche contre le cancer et la recherche contre la maladie d’Alzheimer s’y intéressent aujourd’hui de très près.
23 avril 2008 at 13:35
J’ai pris, entre autres, le mélange CURCUMA-FUMETERRE en phytostandards pour sortir d’une urticaire rebelle suite à plusieurs anesthésies pour fracture complexe avec ostéosynthèse. Pouvez-vous parler plus de ces produits, d’excellente qualité, vendus en pharmacie, non remboursés. Cela contribuerait peut-être, si la demande est forte, à faire baisser les prix ?
23 avril 2008 at 20:11
Peut-on faire pousser du curcuma dans son jardin quand on habite l’Ile de France ? Je sais que les plantes donnent le maximum de leur potentiel dans leur biotope de naissance (exemple : une digitale de plaine ou de bord de mer aura moins de digitaline qu’une plante de la montagne). Et si chacun faisait pousser des plantes à usage thérapeutique dans son jardin ? J’accepte toutes réponses et suggestions !
24 avril 2008 at 15:32
Bravo pour cet article ; moi-même je l’utilise chaque jour pour un confort digestif … j’y adjoint un peu de poivre car il semblerait que la curcumine ne donne ses pleines propriétés sans cet ingrédient !
26 avril 2008 at 14:54
Bravo pour cet article très intéressant.
P.F., Meudon.
26 avril 2008 at 17:56
Je me bats avec une arthrose de la hanche depuis 10 ans (je dois me faire opérer en septembre car je n’ai plus du tout de cartilage !). Je prends depuis 2 mois, le matin, du curcuma avec un peu de poivre (je prends du noir mais peut-être le blanc est-il mieux ?) Je n’ai pas eu de crise depuis ! Je marche toujours mal mais ne souffre pas ! Ma mère étant Alzheimer je suis d’autant interressée par cette autre découverte ! Merci.
28 avril 2008 at 16:24
J’habite en Provence. Est-ce que le climat conviendrait à la plantation de curcuma dans mon jardin ? Merci d’avance pour votre réponse, et merci pour tous ces renseignements très intéressants !
4 mai 2008 at 11:10
Très intéressant, comme le sont tous vos articles. Comment prendre le curcuma pour qu’il fasse effet. Ce n’est peut être pas en saupoudrant quelques plats de temps en temps. Je n’ai pas l’habitude de l’utiliser. Merci pour les renseignements et conseils en retour.
6 mai 2008 at 13:48
Même question que prieur : comment consommer le curcuma de façon à ce qu’il soit le plus bénéfique possible ?
Merci