Retour à la case départ
Du plomb dans les jouets, de l’antigel dans le dentifrice, du colorant cancérigène dans les jaunes d’œuf… l’actualité récente vient de rappeler à tous les consommateurs que les industriels ne sont pas capables de garantir la qualité et l’innocuité des produits qu’ils mettent sur le marché.
On désigne aujourd’hui la Chine comme principale responsable de ces malfaçons, comme s’il s’agissait de la faute récente d’un ou deux fournisseurs malveillants dans un pays précis. Mais le problème est sans doute beaucoup plus grave qu’on ne le dit. Car, pour les nouveaux pays producteurs, nos inquiétudes et nos précautions s’apparentent plus à des états d’âme, à des émois de vierge effarouchée qu’à une réalité tangible. Aux yeux de ceux qui sont habitués à vivre dans le dénuement, nous passons sans doute pour des enfants gâtés et capricieux.
Nous savons pourtant qu’il a fallu des années pour que, sous la pression des opinions publiques, les gouvernements des pays développés acceptent enfin de faire disparaître quelques-uns des plus dangereux poisons que les industriels avaient introduits dans notre environnement ou dans notre alimentation. Nous nous rappelons que chaque victoire contre l’incurie des industriels et la désinvolture de nombreux agriculteurs a été arrachée au prix d’efforts immenses et prolongés. Malgré cela, nous voyons bien qu’il reste encore des milliers de substances nocives à éradiquer. Et que chaque jour de nouvelles menaces apparaissent : les OGM qui s’insinuent à l’état de traces dans la quasi-totalité des produits alimentaires, les nanoparticules dont personne n’a encore évalué la dangerosité…
Or voilà qu’en quelques mois à peine nous sommes revenus au Moyen Âge de l’ère industrielle où tout paraissait bon, pourvu qu’on puisse en produire beaucoup, à moindre coût ! Même si quelques industriels se défendent d’avoir délibérément choisi cette voie, combien d’entre eux ferment les yeux ?
Contre cette triste évolution, nous n’avons qu’un seul rempart : les labels, les certifications et de manière plus générale, la traçabilité. Dans le bio, nous avons une bonne longueur d’avance dans ce domaine, accrochons-nous à cet acquis malgré les contraintes et les coûts qu’il nous impose. Le consommateur, un jour ou l’autre, reconnaîtra ceux qui ont vraiment pensé à lui et pas seulement à son porte-monnaie.




12 juillet 2008 at 10:05
Eh oui,
Depuis le temps qu’on en parle, à mon avis, ça n’avance pas. Nos « victoires » me laissent très septique ! Nous gagnons des batailles, bien sûr, mais la guerre continue, de plus en plus incidieuse.
Après les engrais, les pesticides, les fongicides, les herbicides, puis les hormones et tous les dérivés de ce type de produits, la radioactivité, les ondes électromagnétiques, les OGM, puis les herbicides à OGM (ça vient de sortir, cf:S&A- « contre les OGM fugueurs »-juin 2008) pour, soi-disant, garantir les cultures « bio »… (donc encore plus de chimie…), les médicaments qui provoquent de plus en plus de réactions violentes, allergiques et nocives et qui ont pourtant des AMM, la destruction massive des forêts (désertification?) pour planter des OGM et éparpiller des produits chimiques en grandes quantités, et ses conséquences induites telles que la diminution permanente de la biodiversité, et aussi les conséquences directes et indirectes du fait des échanges naturels (cycle de l’eau, les vents, etc…), la pollution des eaux douces et des océans, des terres de surface (stérilisation?) et des sous-sols.
Les abeilles meurent toujours, plus du Gaucho, mais de son successeur essaimé incidieusement dans les cultures, à un point tel que les agriculteurs américains paient les apiculteurs pour que leurs abeilles « rescapées » pollinisent leurs champs, et maintenant les huîtres qui meurent en masse , pourquoi ? Et tout ce que l’on ne sait pas, etc, etc…
Que laisserons nous à nos enfants et petits-enfants ? Que pouvons-nous faire dans cette mondialisation tous azimuts ?… certainement voulue par les multinationales de l’agroalimentaire et de la chimie?…
On peut comprendre que pour la plus grande partie de l’humanité qui a faim, tout cela est secondaire et même peut-être « inconscient » des conséquences à moyen terme.
On peut aussi se demander si l’éducation ( avec un petit e), qu’elle soit laïque ou (et) religieuse, ne contribue pas à la disparition de la Connaissance (avec un grand C) et de l’égalité, de la fraternité,….
Bon, restons optimiste !!!